Si vous cherchez l’IA la plus intelligente du marché, arrêtez-vous tout de suite : ce n’est pas Lumo. Mais si vous vous êtes déjà surpris à hésiter avant de coller un document sensible dans ChatGPT, en vous demandant où filait vraiment ce que vous écriviez, alors Lumo mérite dix minutes de votre attention.

Cet assistant vient de Proton, la société suisse derrière Proton Mail, et il joue une partie que ni ChatGPT ni Gemini ne jouent : celle de la confidentialité, prise au sérieux jusqu’au bout.

Voilà mon avis en une phrase, avant de le détailler : Lumo ne détrône personne sur la puissance, mais il est aujourd’hui l’une des rares IA grand public à qui vous pouvez confier une conversation privée sans arrière-pensée.

Lumo, c’est quoi exactement ?

Un chatbot, dans l’esprit de ce que vous connaissez déjà. Vous tapez une question, il répond. Rédiger un mail, résumer un document, expliquer une notion, générer une image, chercher sur le web.

La différence se joue derrière l’écran. Proton parle de « chiffrement à accès zéro » : vos conversations sont chiffrées de façon que seul votre appareil puisse les lire. Ni Proton, ni un annonceur, ni un tiers. Le code est open source, vos échanges ne servent pas à entraîner le modèle, et le tout est hébergé en Suisse, hors juridiction américaine. Sur un marché dominé par les géants américains et chinois, une IA européenne qui assume cette posture reste rare.

Au fait, c’est qui Proton ? Une société suisse née en 2014 à Genève, connue pour sa messagerie chiffrée Proton Mail, puis pour un VPN, un cloud et un gestionnaire de mots de passe. Son fil rouge depuis le début : chiffrer les données pour que personne, pas même elle, n’y accède. Lumo s’inscrit dans cette lignée.

Ce que Lumo sait faire depuis la version 2.0

La 2.0 qui vient de sortir a nettement musclé l’outil. En usage, voici ce qui change :

  • Recherche web avec citations : les réponses s’appuient sur des sources que vous pouvez vérifier. Sur une IA, ce détail vaut de l’or.
  • Génération et retouche d’images : à partir d’un texte, ou pour ajuster une photo, transformer un croquis.
  • Deux modèles, deux modes : un modèle Max pour les tâches complexes, un modèle plus léger pour le quotidien, et un mode Réflexion quand la question mérite qu’on prenne son temps.
  • Une mémoire : Lumo retient vos préférences d’une conversation à l’autre, si vous l’y autorisez.
  • Des « Lumos » personnalisés : des assistants configurés une fois avec leurs propres consignes, pour ne pas tout réexpliquer à chaque fois.

On peut aussi relier des fichiers depuis Proton Drive, ce qui a du sens si vous êtes déjà dans l’écosystème.

J’ai ouvert Lumo sans créer de compte, juste pour voir. On peut effectivement lui parler en mode invité, sans inscription. Le réflexe étrange, quand on a l’habitude des autres chatbots, c’est de ne pas retrouver son historique ensuite. C’est voulu.

Lumo face à ChatGPT : qui gagne, et sur quoi ?

Autant le dire clairement, parce que c’est la question qui se pose évidemment.

Sur la puissance brute, ChatGPT garde l’avantage. Plusieurs tests indépendants placent encore Lumo un cran en dessous des plus gros modèles sur les demandes vraiment pointues : un raisonnement complexe, du code ambitieux, une analyse fine. Si vous cherchez la réponse la plus brillante possible, restez sur ChatGPT, Claude ou Gemini.

Sur les tâches du quotidien, en revanche, l’écart se reserre. Écrire, résumer, reformuler, trouver des idées : la plupart des utilisateurs ne verront pas de différence marquante. J’ai fait tourner quelques demandes ordinaires, et rien ne m’a donné l’impression d’un outil au rabais.

Et sur la confidentialité, il n’y a pas match. C’est le seul des quatre à ne pas conserver vos conversations, à ne pas s’en servir pour entraîner ses modèles, et à publier son code. Là où les autres vous demandent de leur faire confiance, Lumo vous propose de vérifier. Pour beaucoup d’usages, ça suffit à faire pencher la balance.

La confidentialité de Lumo : vraie différence ou argument marketing ?

La question mérite d’être posée, parce que « respect de la vie privée » est devenu un slogan que tout le monde récite. Ici, quelques éléments tiennent la route : le mode invité accessible via Tor, l’absence de journalisation revendiquée, un mode Ghost qui efface une conversation à sa fermeture, l’hébergement suisse. Et surtout une réputation que Proton défend depuis dix ans sur ce terrain précis. Ça pèse.

Cela dit, je reste lucide. Le chiffrement protège vos échanges, il ne rend pas Lumo plus malin que les autres. Ne comptez pas dessus pour combler l’écart de puissance : ce n’est pas la même promesse.

Pour qui Lumo est vraiment utile

Je pense d’abord à ceux qui écrivent des choses sensibles. Un journaliste qui prépare un sujet, un enseignant qui rédige un signalement, un indépendant sur un contrat, quelqu’un qui pose une question de santé qu’il n’a pas envie de voir traîner. Pour ces usages, savoir que la conversation ne finit pas dans une base publicitaire change tout le confort d’utilisation.

Pour le reste, ça dépend de vous. Si la performance passe avant tout, Lumo vous frustrera par moments. Si vous cherchez une IA correcte à qui confier vos données les yeux fermés, il fait partie du très petit club qui répond présent.

Dans le même esprit, jetez un œil à Venice, qui joue une partition voisine, ou à Monica si c’est l’usage assistant au fil du navigateur qui vous intéresse.

Lumo est-il gratuit ? Le prix de la version Plus

Oui, Lumo est utilisable gratuitement, et même sans compte. La version Free donne accès aux fonctions de base : historique chiffré, recherche web, ajout de petits fichiers, un projet, avec des limites sur l’usage du modèle Max, le nombre de messages et de générations d’images. Pas de carte bancaire demandée.

Au-dessus, Lumo Plus débloque les chats illimités, un historique étendu, plus d’images et de projets. D’après ce que j’ai vu passer, l’abonnement tourne autour de 12,99 € par mois, mais vérifiez sur leur page tarifs au moment où vous lisez : les prix bougent, et Proton propose souvent une formule annuelle moins chère.

J’aime

  • L’engagement réel sur la confidentialité, appuyé par un historique crédible.
  • Le mode invité sans compte, parfait pour tester.
  • Les citations de sources dans la recherche web.

J’aime moins

  • Une longueur d’avance à rattraper sur les tâches les plus complexes.

Ce qui me frappe avec Lumo, c’est moins l’outil que ce qu’il révèle. On a passé deux ans à s’émerveiller devant ce que l’IA sait faire, sans trop se demander ce qu’elle faisait de nous en échange.

Voir arriver un acteur qui prend le problème par cet angle, c’est le signe qu’une partie du public commence à poser la question du prix caché. Reste à savoir si assez de gens accepteront de troquer un peu de puissance contre un peu de tranquillité. Honnêtement, je ne suis pas certain de la réponse, et c’est peut-être ça le plus intéressant à observer dans les mois qui viennent.

FAQ rapide

Lumo est-il vraiment gratuit ? Oui, avec une version Free et même un mode invité sans inscription. Les usages intensifs supposent l’abonnement Plus.

Lumo est-il meilleur que ChatGPT ? Pas sur la puissance : ChatGPT reste devant sur les tâches complexes. Sur la confidentialité, Lumo est clairement au-dessus.

Mes conversations sont-elles lisibles par Proton ? Non, selon leur modèle de chiffrement à accès zéro : seules vos machines peuvent les déchiffrer.

Peut-on l’utiliser sur mobile ? Oui, des applications iOS et Android existent, en plus de la version web.